Une société inclusive


Une société Inclusive… un Concept qui s’impose de plus en plus …
Les textes et
… l’ONU …

… La société doit donc prendre en compte toutes les situations de handicap, dans le cadre d’une politique transversale (c’est-à- dire dans tous les domaines), de non-discrimination et de solidarité nationale. L’accès à tous les droits fondamentaux – droit à l’éducation, au travail, à un revenu d’existence, à la santé, à circuler librement, au respect de l’intimité… – doit être garanti aux personnes en situation de handicap comme à tout un chacun. Ces droits ont été posés par la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Ils ont été développés par des conventions, chartes et pactes internationaux, essentiellement sous l’égide de l’ONU et de l’Europe, dont les traités impulsent les politiques nationales de non-discrimination et de respect des droits de l’Homme. Ces droits ont été réaffirmés et précisés dans la Convention internationale des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées.

Les textes et
… la réglementation Française …
Proposition de loi de M. Damien Abad relative à une société inclusive.

… 330 200 enfants handicapés sont scolarisés en France à la rentrée 2014, dont 260 000 sont scolarisés en milieu ordinaire (1).
… La France est en effet loin d’être en avance sur cette question. Certes, l’intégration des personnes handicapées est considérée comme une obligation nationale depuis la loi d’orientation du 30 juin 1975. Quant à la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, elle a permis de fixer des objectifs ambitieux comme l’accessibilité totale de la société à tous les handicaps et l’instauration d’un droit à compensation.
La personne en situation de handicap doit être reconnue comme un citoyen ordinaire, un citoyen à part entière, et pour cela il faut établir certaines règles lui permettant d’avoir accès à ce principe. Malgré les efforts récents, la législation actuelle ne permet pas à ces personnes une participation complète à la vie sociale. Elle reste encore parfois en porte-à-faux envers les principes républicains de la société française, en particulier l’égalité et la fraternité.
Cet objectif consensuel requiert toutefois un changement radical de méthode dans le traitement de la question du handicap : agir ponctuellement sur des thématiques liées au handicap (mobilité, accessibilité, emploi protégé, éducation spécialisée…) ne suffit plus. Si des mesures spécifiques restent bien évidemment nécessaires à la prise en compte des situations de handicap, l’apparente technicité de ces sujets ne doit pas nous empêcher de mettre en œuvre une approche globale qui irrigue tous les domaines de l’action publique.

Avant de parler du concept de « Société Inclusive » …

Avant de parler « d’inclusivité », il convient d’aborder de manière succincte certains concepts, notamment les concepts d’Insertion et d’intégration, afin de mettre en perspective l’évolution sociétale à l’égard des personnes concernées voire exclues, handicapées, immigrées, etc .

Selon le sociologue Roger Bertaux, l’insertion serait un terme employé par le législateur depuis une trentaine d’années pour qualifier les objectifs des politiques sociales en faveur des personnes dites exclues

Cela consisterait à « préparer» une personne afin de lui permettre de s’intégrer dans une situation sociale ou professionnelle…

Selon Denis CASTRA, professeur de psychologie sociale à l’Université de Bordeaux 2 ; « Ce concept permet de désigner deux types d’insertion : l’insertion sociale et l’insertion professionnelle. Or cette distinction, communément admise, a-t-elle encore un sens dans notre société étant donnée l’importance qu’y tient le travail. L’insertion sociale n’est-elle pas dépendante de l’insertion économique ? Malgré tout, l’étude des pratiques des professionnels de l’insertion semble montrer le contraire ; ces pratiques font le plus souvent de l’insertion sociale un préalable obligé à l’insertion économique. Autrement dit, pour aider les personnes à trouver un travail (insertion professionnelle), on leur propose, comme préalable obligé, des activités hors travail (insertion sociale). »

L’intégration … la pensée sociologique a commencé à accorder une place importante à la question de l’intégration. Il en a été ainsi, tout particulièrement, chez Émile Durkheim, puis dans la sociologie d’inspiration durkheimienne, et fonctionnaliste, l’idée étant de penser, avec la notion ou le concept d’intégration, les processus par lesquels un groupe social, national, familial, etc., s’approprie les individus pour assurer sa propre cohésion. La sociologie de l’intégration part du groupe, de l’ensemble, de la totalité, ce qui ne veut pas dire qu’elle ignore l’individu. Mais à l’évidence, sa première préoccupation est l’unité ou l’intégration du groupe ;

… Pour Charles Gardou, intégrer consiste à faire entrer un élément extérieur dans un ensemble, à l’incorporer. Cet élément extérieur est appelé à s’ajuster au système préexistant. Ainsi, dans l’intégration, ce qui prime est l’adaptation de la personne : si elle espère s’intégrer, elle doit, d’une manière souvent proche de l’assimilation, se transformer, se normaliser, s’adapter ou se réadapter.

Ces concepts ne sont pas sans importance car ils ont présidé, au cours de ces trente ou quarante dernières années, à l’intervention d’une grande majorité de travailleurs sociaux.

Une Société Inclusive par Charles GARDOU …

Charles GARDOU donne une définition particulièrement intéressante d’une société inclusive. Pour lui, une organisation sociale est inclusive lorsqu’elle module son fonctionnement, se flexibilise, pour offrir, au sein de l’ensemble commun, un “chez-soi pour tous”, sans toutefois neutraliser les besoins, désirs ou destins singuliers.

… une organisation sociale est inclusive lorsqu’elle module son fonctionnement, se flexibilise pour offrir, au sein de l’ensemble commun, un « chez soi pour tous ». Sans neutraliser les besoins, désirs et destins singuliers et les résorber dans le tout. Ce « chez soi pour tous » ne serait toutefois que chimère s’il n’était assorti, dans tous les secteurs et tout au long de la vie, d’accompagnements et médiations compensatoires, de modalités de suppléance ou de contournement. En bref, toute une gamme d’accommodements et de modalités de suppléance pour garantir l’accessibilité des dispositifs, ressources et services collectifs. « Mettre dedans » ne suffit pas. Autorise-t-on chacun à apporter sa contribution originale à la vie sociale, culturelle et communautaire. Favorise-t-on l’éclosion et le déploiement de ses potentiels ? Les accommodements ne se limitent pas à une action spécifique pour des groupes tenus pour spécifiques. Ils visent à améliorer le mieux-être de tous. Qu’ils soient architecturaux, sociaux, éducatifs, pédagogiques, professionnels ou culturels, les plans inclinés sont universellement profitables. Ce qui est facilitant pour les uns est bénéfique pour les autres. Une société inclusive n’est pas de l’ordre d’une nécessité liée au seul handicap : elle relève d’un investissement global. Ce qui prime est l’action sur le contexte pour le rendre propice à tous, afin de signifier concrètement à chaque membre de la société: « Ce qui fait votre singularité (votre âge, votre identité ou orientation sexuelle, vos caractéristiques génétiques, vos appartenances culturelles et sociales, votre langue et vos convictions, vos opinions politiques ou tout autre opinion, vos potentialités, vos difficultés ou votre handicap) ne peut vous priver du droit de jouir de l’ensemble des biens sociaux. Ils ne sont la prérogative de personne ». Nul n’a l’exclusivité du patrimoine humain et social : c’est le premier arc-boutant d’une société inclusive.